Chap. 1 : Mon Père ce héros !

 

Oui c’est cet homme valeureux, courageux, intrépide que je souhaite évoquer en premier, Robert Jean Joseph Dessard qui se marie

le XX novembre 1941 à Montceaux dans l’Ain avec celle qui allait être ma mère : Marie-Etiennette Piret.

Outre le jour, il m’a tout donné. Son nom bien sur mais qui malheureusement ne perdurera pas, puisque je suis fille unique. Avec le recul du temps je pense que j’aurais dû, lors de mon mariage, opter pour le patronyme composé. Mais au diable les regrets, ce qui compte aujourd’hui ce sont ces valeurs fortes qu’il m’a transmises : une volonté tenace ; l’amour du travail ; la force pour lutter, vivre, résister ; un optimisme à toute épreuve pour garder le cap et le moral en toutes circonstances et s’imposer en dépit des abîmes d’indifférence. Il aurait illustré à merveille ce livre de Philippe Labro : « Tomber six fois, se relever sept ! »

. Ces valeurs sont profondément enracinées en moi et ce sont elles qui m’ont permis de me construire et de faire face. Merci Papa !

Pourtant il n’a pas eu la vie rêvée des anges : un père Auguste Dessard âgé, autoritaire et altier décédé le 03/04/1920 à l’âge de 76 ans , une maman jeune Marie-Antoinette épouse d’Auguste (décédé le 13/10/1918 à l’âge de 38 ans ) qui le 26 février 1918 lui donne naissance à Amplepuis Amplepuis est une ville française, située dans le département du Rhône et la région du Rhône-Alpes. la ville d'Amplepuis est le chef-lieu du canton. Ses habitants sont appelés les Amplepuisiens et les Amplepuisiennes.
La commune s'étend sur 38,4 km² et compte 5 218 habitants depuis le dernier recensement de la population. La densité de population est de 135,7 habitants par km² sur la commune.
Entourée par les communes de Saint-Jean-la-Bussière, Machézal et Ronno, Amplepuis est située à 21 km au Sud-Est de Roanne la plus grande ville à proximité.
Située à 431 mètres d'altitude, La rivière le reins est le principal cours d'eau qui traverse la commune d'Amplepuis.

Huit mois plus tard, ce petit bébé n’avait plus de mère : la grippe espagnole frappe cruellement et lui ravit, une maman, qui lui manquera toute sa vie. Il n’avait aucun souvenir d’elle, pas même une photo, seulement sa tombe dans le petit cimetière de Mardore où nous entretenons toujours cette tombe modeste qui était pour papa un lieu où il allait se recueillir dés qu’il en éprouvait le besoin.

Seul reste un frère aîné « l’Abel » qui a sans doute moins souffert, mais a connu l’orphelinat, la famille d’accueil (décédé le 15/06/1937 à l’âge de 21 ans )

Heureusement la sœur de sa maman, une vieille fille pauvre prénommée Valentine se charge d’élever Robert, un garnement vif et turbulent, …Mais aimé dans son petit village de Mardore dans le Haut Beaujolais vert, où tout le monde se connaît, se côtoie, là-bas la solidarité n’est pas un vain mot, il fait bon vivre à Mardore , des grandes familles : les Brun , les Cherpin …

 

 

 

Oui ils étaient pauvres : l’unique vache, quelques poules…mais ce n’était pas la misère : il y avait toujours quelque part , une assiette de soupe, un quignon de pain , du lard, du fromage qui l’attendait chez les « Cherpin » par exemple des voisins proches qui avaient une grosse exploitation et papa était comme chez lui ou chez son cousin Jean, l’homme des bois, ou chez d’autres , les « Brun » des noms que j’ai entendu souvent , ces gens restent vivants dans ma mémoire , car petite je suis allée chez eux , il doit rester quelques descendants …

 

A l’école primaire , où il allait à pied, la petite maison de sa tante n’était pas loi, il lui suffisait de descendre le chemin et l’école était là tout près en bas de la descente où il passait d’abord devant l’église , cette école existe toujours , les façades ont été refaites mais la cour est toujours la même et je ne pense pas qu’un grand changement se soit concrétiser à l’intérieur , je crois sentir l’odeur de cette école où papa avait pris la maîtresse en otage , ne voulant pas faire sa punition l’école est faite d’un bâtiment imposant , elle a résisté à l’exode vers la ville, l’institutrice a beaucoup de difficultés avec Robert. C’est un élève dissipé, pas facile, livré un peu à lui-même, il est orphelin de sa mère et son père est absent. Valentine la brave tante n’a pas d’autorité sur lui et le surnomme « Robert le roi des gangsters »… Non, le « délinquant » le « garnement » de l’époque n’a pas mal tourné : il va de maison en maison, aider, se rendre utile pour se faire quelque petits « pécaillons » Il se fait sermonner, secouer, tirer les oreilles, quand il glisse sur la mauvaise pente...Par Valentine mais surtout les proches voisins.

Il obtient son certificat d’études primaires…« c’est un miracle !» s’écriera l’institutrice de l’école laïque. Miracle…pas tout à fait car avouons le, sa tête n’était pas vide !

Il s’attaquait et s’intéressait à tout, il était curieux de tout.

Il devient même par intermittences… le cobaye du menuisier qui fabrique sur mesure les cercueils « Robert vient essayer, voir si tu rentres, si je dois mettre plus de longueur ou faire plus court ? »

Il n’avait peur de rien.

Mais il faut apprendre un métier : une entreprise de charcuterie installée à

Mardore, le prend en apprentissage pour le métier de boucher /charcutier.Il n’est nul besoin de dossier d’orientation et de paperasse invraisemblable : à cette époque seule compte la parole du patron.

Là il apprend à travailler, .Il fait quelques bourdes…mais il est vite remis dans le droit chemin par son patron qui l’apprécie à sa juste valeur et reconnaît en lui l’homme courageux et travailleur.

Que d’anecdotes il a eu plaisir à nous raconter...Mais qui avec le temps se sont envolées depuis que papa n’est plus là.

Au terme de cette période d’apprentissage il obtient le Certificat d’aptitude professionnelle (Cap) et il trouve un premier emploi chez un patron à Mizérieux dans l’Ain, pas loin de curé d’Ars….Il s’en sort fort bien et trouve refuge au Garet où son frère Abel travaille comme jardinier. Ainsi ce sont les retrouvailles avec Abel et tante Valentine.

.Au Garet, chez Berthier se constitue une authentique famille  où la chaleur humaine, l’amour, la tendresse, la nourriture font que la vie devient presque belle ! il écrit à son frère pour lui demander si les « patrons » veulent bien qu’il descende de Mardore pour passer le samedi et le dimanche chez eux. Marcelle est un peu une sœur pour lui, aujourd’hui elle garde en elle des tas de souvenirs sur Abel et Robert, des photos, des cartes postales, des lettres.

 

 Robert aime son travail il ne voit pas le temps passer. Abel fait une très mauvaise chute à bicyclette…il se tue ! Il venait de fêter ses 20 ans avec les jeunes gens de son âge, ses « conscrits », à Villefranche.

«  les accidents de la route : un jeune soldat tombe de bicyclette et se tue : le jeune Dessard Abel 21 ans, soldat au 99ème régiment d’infanterie venu en permission agricole chez son patron M.Berthier , à Arnas , se rendit lundi soir chez des amis à Saint Julien sous Montmelas.

Que se passa-t-il lors de son retour vers 21 h ? A-t-il été accroché par une voiture ? Ou bien sa bicyclette n’étant pas munie de freins a-t-il fait un excès de vitesse ? Toujours est-il que mardi matin à la première heure, des passants le découvraient gisant sans connaissance sur la route au lieu dit les Abreuvoirs commune d’Arnas.