Conduit à l’hôpital de Villefranche, Dessard y est mort peu après son admission, sans avoir repris connaissance.

Une enquête est ouverte par la gendarmerie de Villefranche ;M Robin médecin légiste , procèdera à l’autopsie pour déterminer les causes de la mort . » Article du Progrès

 La mort frappe ainsi une seconde fois et Robert se retrouve fils unique avec sa tante, et un cousin, le cousin Jean cet homme des bois que j’ai eu le bonheur de connaître ; il habitait dans une petite maison qui pouvait à première vue faire peur , à l’intérieur c’était noir, un poêle, une grande table, les poules , le cochon malade mais quand il ouvrait un placard , la vaisselle était propre et les torchons blancs comme neige , j’aimais sentir toutes les odeurs qui émanaient des murs de cette masure , il faisait ses fromages qu’il allait vendre au marché à Cours , habillé l’hiver d’une grande houppelande noire et d’un béret basque , il gagnait peu d’argent et en dépensait encore moins , puisqu’il enterrait son argent sous ses ruches , car il avait aussi des abeilles et faisait du miel de sapin , ses sapins dont il prenait grand soin….

La famille Berthier résidait au Garet , ils étaient maraîchers , des champs de salades, de poireaux et aussi de cardons , ce légume arrivé de Vaux en Velin par l’initiative de mon parrain : le père Berthier , Jean –Marie pour prénom , il est très bon , mais très dur, le cœur sur la main et une devise « le travail » !

Aujourd’hui ce quartier est métamorphosé, il reste la maison, quelques terres cultivées, mais l’urbanisme a pris le dessus, une zone artisanale, commerciale avec des grandes enseignes, mais aussi la prison …

Raymond Depardon est né dans ce Garet qui lui est cher

Raymond Depardon (né le 6 juillet 1942 à Villefranche-sur-Saône, Rhône, France) est un photographe, réalisateur, journaliste et scénariste français, considéré comme l'un des maîtres du film documentaire[réf. nécessaire]. Il est membre de Magnum Photos depuis 19791.

 

Biographie

Raymond Depardon s'intéresse très tôt à la photographie et prend ses premiers clichés dans la ferme familiale du Garet. Lucien Dune lui transmet son savoir. En 1958, il devient l'assistant de Louis Foucherand. Ce photographe, qui avait beaucoup voyagé et réalisé des reportages pour diverses publications entre les années 1930 et 1960, s'associe avec Louis Dalmas au début des années 60. Cependant, il abandonna très vite cet emploi pour se consacrer au reportage en qualité de pigiste sans un sou vaillant mais porté par sa passion et sa détermination à réussir dans ce métier[réf. nécessaire].

Il rejoint l'agence Dalmas à Paris en 19601.

En août 1960, alors qu'il n'a que 18 ans, Dalmas lui propose de partir au Sahara avec un forfait de 800 francs pour suivre une expédition cherchant à étudier la résistance du corps humain à la chaleur[réf. nécessaire].

Il quitte la France pour partir en expédition en Algérie en pleine guerre d'Algérie. En arrivant ils[Qui ?] tombent sur un fait divers de quelques jeunes appelés du contingent qui, le jour du 15 août, étaient partis chasser la gazelle et qui se sont perdus. Ils sont donc partis à leur recherche, escortés de militaires et de médecins de l'hôpital américain. Il les ont trouvés et ont pu en sauver trois sur sept. Raymond a photographié « l'événement ». Ensuite, à leur arrivée à Tabalbala, le capitaine de la légion a fait appeler Depardon dans son bureau et lui a dit « il faut que vous me donniez vos films ». Quelques mois plus tôt, on lui avait appris à l'agence Dalmas qu'il ne devait jamais donner ses films à la police. Il a donc menti et l'information a pu être publiée dans Paris-Match[réf. nécessaire].

Depardon devient reporter salarié au sein de l'agence Dalmas et couvre ensuite les conflits (Algérie et Viêt Nam) mais aussi des sujets d'actualité, et traque les « people » comme un authentique « paparazzi ».

En 1966, il fonde avec Gilles Caron l'agence Gamma1.

En 1969, il filme pour l'agence Gamma la cérémonie en l'honneur de Jan Palach, jeune tchèque qui s'est immolé par le feu pour protester contre l'invasion de la Tchécoslovaquie2.

Parallèlement à son travail de photographe, il commence dès 1963 à réaliser des documentaires.

En 1974, à la demande de Valéry Giscard d'Estaing, il tourne un film sur sa campagne électorale. Sa projection sera longtemps refusée par le nouveau Président, et ce n'est qu'en février 2002 que 1974, une partie de campagne est diffusé à la télévision et au cinéma. Son titre initial était 50,81%, le pourcentage des voix obtenu par Giscard d'Estaing à l'élection présidentielle.

En 1978, il rejoint l'agence Magnum1.

En 1981, son film Reporters reste sept mois à l'affiche du cinéma Quartier Latin1.

Il reçoit le Grand Prix national de la photographie en 19911.

À partir de 1998, il travaille à une trilogie sur le monde paysan.

Début 2006, Depardon expose à la Maison européenne de la photographie à Paris ses portraits de personnalités politiques. La même année, il est le commissaire invité des Rencontres internationales de la photographie d'Arles (37es du nom) du 4 juillet au 17 septembre 2006.

Le 12 décembre 2008, il est honoré du prix Louis-Delluc pour son film Profils paysans, la vie moderne.

Œuvre cinématographique

Depardon a touché à presque tous les genres du documentaire et réalisé de nombreux films importants, portant son regard humaniste aussi bien au Tchad - son film de 1989, La Captive du désert, met en scène Sandrine Bonnaire dans le rôle de l'archéologue Françoise Claustre, une Française qui fut deux ans et demi otage au Tchad d'Hissène Habré et qu'il interviewa pendant sa captivité - que sur un asile psychiatrique, aux urgences, dans les palais de justice ou sur les problèmes du monde paysan dont il est issu.

Deux de ses premiers films suivent le travail de la presse et de ses fournisseurs : Numéros zéro montre les préparatifs d'un nouveau quotidien, Le Matin de Paris ; Reporters suit pendant tout le mois d'octobre 1980 les photographes de l'agence Gamma, entre couverture de l'actualité et chasses aux people pour des clichés de paparazzi.

Œuvre photographique

Un des traits les plus caractéristiques de l'œuvre photographique de Raymond Depardon est la revendication de la subjectivité du photographe et de sa volonté de photographier des « temps morts », ce en quoi il se détache de l'école du reportage humaniste européenne de Cartier-Bresson et se rapproche de l'école américaine et des photographes tels que Walker Evans et Robert Frank. Son ouvrage le plus significatif, le recueil Notes publié en 1979, est composé d'une centaine de photographies accompagnées de textes écrits à la première personne, entre l'exigence journalistique (le monde extérieur) et l'autobiographie (le monde intérieur).

Son ouvrage Photographies de personnalités politiques illustre encore cette démarche : Raymond Depardon cherche à photographier les personnalités politiques dans l'authenticité de leur action, en y ajoutant son regard : « Montrer la solitude de la personnalité politique est au centre de mon travail »3.

Selon lui, l'âge d'or de la photographie politique se situe entre mai 1968 et 1982. C'est l'ère de « la photo de contact ». Il voit dans la période actuelle un retour à la tendance « détestable » des débuts de la Ve République avec le contrôle absolu des responsables de la communication[réf. nécessaire].

Filmographie

Livres

Jeux Olympiques de Mexico avec Yves Nouchi, Solar, Paris, 1968

Expositions

Distinctions

Sources

  • Raymond Depardon. Fotograaf en filmer/Photographer and Filmmaker, Frits Gierstberg (ed.), Nederlands Fotomuseum/Nederlands Filmmuseum, Rotterdam/Amsterdam, 2005

  • La place et le photographe, film documentaire de Arno Gaillard, 1991, 4 minutes5.

  • Sami Gnaba, « Raymond Depardon : dans les règles de l’art », Séquences : La revue de cinéma, n° 262, 2009, p. 12-13, lire en ligne.

  • Sami Gnaba « Raymond Depardon : questions humaines », Séquences : La revue de cinéma, n° 262, 2009, p. 14-15, lire en ligne.

Voir aussi

Après cette longue parenthèse sur Raymond Depardon, je continue avec mon père !

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C’est alors que sonne l’heure du service militaire, c’est un passage incontournable et Robert se retrouve au camp de Sathonay au régiment d’infanterie http://museemilitairelyon.com/spip.php?article93

Le 14 juillet 1938, Robert trouffion à juste 20 ans. Il a obtenu une permission et avec un groupe de copains il s’en va guincher sous les voûtes de Perrache, en ces temps là « çà guinchait partout » pour la Fête Nationale : sur les places, les trottoirs, dans les rues.

 Il rencontre maman…avec sa robe blanche à petits boutons rouges. Elle n’a pas encore 18 ans et «la « Ninette » est accompagnée de son père et d’un cousin « Antoine » Ils sont un peu les déclencheurs du coup de foudre : « Alors les trouffions, elle n’est pas mignonne la petite ? » et puis Robert et Ninette ont dansé…..tout près du 3 cours Charlemagne démoli depuis 2007, pour faire de Lyon une ville nouvelle…

Les voûtes sont toujours là, un peu modifiées certes : dorénavant les trains qui arrivent en gare de Perrache circulent au-dessus.

 Ils se retrouvent, ils s’aiment….mais il y a l’armée, la guerre…et la débâcle : nous sommes en juin 40 !

Et puis tout va très vite, se précipite ... 

Papa est fait prisonnier.

Je rapporte ici ses propos sur cette période pleine de difficultés, à partir de là et par la suite, outre l’intérêt historique de son témoignage qui est probablement un des points forts de mon livre , il révèle tout le caractère du personnage...qui aura une influence déterminante sur ma personne  ; un petit carnet noir où il écrit au jour le jour quand il le peut semble-t-il quelques mots durant ces temps où s’est installée la séparation de la France en 2 zones suite à l’invasion, déroute de l’armée, vote des pleins pouvoirs à Pétain  

 

« 14/06/40,  Le soir ce fut l’encerclement, la prise de pas mal de copains du régiment par une division allemande…dans la nuit….la compagnie atteint le 15 au matin Mery sur Seine ….Le colonel essaie de nous faire passer mais hélas arrivé à Rilly st Cyr les allemands nous trouvent sur la route…le colonel nous donne sa bénédiction et nous conseille de partir par petits groupes, je suis donc parti avec mes copains pour atteindre … Ste Marie ( ?)

 

le 16 /06/40 au matin pour me faire faire hélas prisonnier vers les 11h, ramené dans un bois où j’ai passé la nuit le matin du 17/06/40 reparti de ce bois pour…………. Ambeterre Courbe après la fouille , l’heure avait sonné et c’est là que commence la vraie vie de prisonnier à ne rien manger, coucher une nuit et partir le 18 au matin pour le camp de Mailly (Aube)…x km sans rien manger.

Volontaire pour travailler à l’extérieur, donc parti du camp le 23/06/40 pour Drouilhy….rentrer à Mailly le 1/7/40.

 

14 juillet journée de cafard avec le double souvenir que ce jour là m’avait donné…

21 journée calme mais le cafard.

 

Une carte retrouvée destinée à M & Mme Berthier :

«  Jeudi 25/7/40 …arrivée le 26 août !

Biens Chers Parents

Je suis en bonne santé prisonnier de guerre, je me trouve bien.

Vous recevrez bientôt mon adresse.

Bons baisers

Robert  »

 

Le lundi 5 août parti du camp de Mailly en camion avec une boule de pain, fromage pour faire 250 km passé par Château Thierry, Compiègne……j’ai rêvé à ma chère Ninette que je n’oublie jamais.

 

13 août journée bien monotone en pensant à ma Ninette sans pouvoir lui souhaiter sa fête.

Un peu de l’amélioration à l’ordinaire…

 

16 août écrit à Mme Berthier par la xrouge …

 

28 août jour de cafard, beaucoup songé à ma petite femme chérie que j’adore et de savoir qu’aujourd’hui c’est son anniversaire, ses 20 ans que j’aurais été si content de lui souhaiter, hélas prisonnier …je me résigne….par la pensée.

 

30 août 40 parti du parc à fourrages de Senlis pour Compiègne qui m’a fait mauvaise impression surtout pour la nourriture à côté de Senlis le couchage assez bon ! Lit paillasse malgré cela le cafard réapparaît.

 

31 août 40 1er courrier régulier avec ma Ninette, avec l’espoir d’une prochaine réponse.

 

Le samedi 7 /9/40 écrit à Mr. et Mme Berthier

Ecrit par la poste civile à Ninette et Mme Berthier le 17 sept 1940.

Ecrit à M et Mme Berthier le 28 septembre 40. Colis.

Ecrit à Ninette ma chérie le 5/10/40…… »

Samedi 25/9/40 : une carte postale …ma petite femme chérie…..tes 3 lettres reçues ce matin….irrégularité du courrier… 

Photo de gauche ; papa est le 2ème en haut à partir de la gauche; photo ci-dessous à droite : papa et maman à Lyon; ensuite papa fier de sa moto; ensuite, il est devant assis sur sa moto; dernière photo, vous saurez le retrouver !

    

Quelques photos retrouvées (décembre 1939, Pâques 1940, juin 1942...)

 

Certes il est prisonnier mais fermement décidé à ne pas se laisser embarquer pour une destination qui pourrait conduire au pire, aux camps de la mort, ou tout du moins vers l’inconnu.

 

Embarquement dans des wagons à bestiaux où, quand, comment ?

Le train chargé roulait vers le nord, vers la Belgique et puis après avoir passé la frontière, que va-t-il arriver.

Un arrêt dans une gare, une fouille, un allemand fait sauter le fil de fer qui tenait le wagon bien fermé, il examine rapidement ces hommes entassés comme des bestiaux, son regard croise celui de papa, il insiste, le fixe ; papa remarque ce signe, la porte du wagon se referme, papa écoute, il n’entend pas le bruit du fil de fer bloquer la poignée…le train démarre lentement, mitraillé de chaque côté par des projecteurs, nuit noire.

Papa regarde 3 copains il explique son projet, très vite il faut sauter de ce train, avant qu’il ne soit trop tard, s’évader pour échapper à une destinée, sans doute terrible.

L’allemand leur a donné une chance, il faut la saisir. Papa fait glisser la porte du wagon : qui m’aime me suive, il fallait le faire, il l’a fait il a sauté le 1er et les 3 autres l’ont suivi. Les marchepieds leur frôlaient le dos, les projecteurs continuaient à balayer les voies, la peur au ventre il réalise : si un marchepied est plus bas que les autres : c’est la mort

Non ce n’est pas l’heure : il roule sur le bas côté des voies, il fait nuit noire, le train s’est éloigné, les projecteurs sont devenus invisibles, la forêt est proche pour se cacher: ils se retrouvent sains et saufs.

 

 

Ils marchent inlassablement, pour regagner la zone dite « libre », mais les allemands sont omniprésents et le risque d’être repris est grand, tant pis : il faut aller jusqu’au bout, ne pas reculer, s’évader pour de bon.

 

Trouver à manger était une priorité quotidienne, mais il faut aussi des habits…en pleine campagne ce n’est pas aisé…Enfin un bistrot sur le chemin, il n’est pas facile pour 4 soldats français en déroute de passer inaperçus.

Mais cette période a vraiment été celle de la solidarité et de la fraternité : ne pas se poser de question, entrer dans le café sous le nez des allemands bien occupés à boire.

La patronne a tout de suite compris et les a fait passer dans une pièce à côté, ils ont pu changer de tenue, se restaurer et repartir vers le sud…à pied….longue route dangereuse…

Un peu de train, dans la clandestinité totale….

Pour enfin débarquer en gare de Ruines près de St Flour. Un des 4 camarades, Émile Cussac, était originaire d’Anglars, près de St Flour. La maman d’Emile a eu un tel choc, qu’elle est tombée en syncope !

Revoir son fils, vivant alors qu’elle n’y croyait plus !

 

C’est là-bas qu’il a fallu se séparer, se procurer des faux papiers, tout en se méfiant à chaque instant.

Robert a pris la direction de Lyon sans hésitation : il savait que Ninette l’attendait…

Nous avons entendu maintes fois ce récit de l’évasion, pourtant à chaque fois nous l’écoutions toujours avec le même recueillement.

 

Papa avait été sollicité par une de mes collègues professeur d’histoire pour témoigner. Les élèves de 3ème avaient devant eux « un évadé » qui par son courage avait échappé aux camps de concentration.

Il était fier d’être écouté par des élèves qui à l’époque étaient aussi les miens au collège Emile Zola.

Je suis en train de me rendre compte en écrivant ces lignes, qu’il faut avant tout être vrai avec les jeunes.

 

Pour ce qui me concerne je ne leur ai jamais caché la vérité sur mon handicap, d’ailleurs comment le dissimuler ?

D’abord l’accepter, essayer d’être toujours belle, choisir des vêtements qui fassent oublier, la scoliose, la bosse…

 

Mon père m’a donné aussi cet instinct de survie, le don du sourire, et tant d’autres valeurs qui ont forgé ma personnalité, mon caractère.

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